Difficile de trouver un terme plus "convenable"... J'ai tenté de mettre en titre : "les commères", ou "les amateurs d'histoires à la Dallas" [ton univers impitoya-a-bleuh], ou même de reprendre "les langues de vipères" , mais les fouille-merde sont pires que les trois réunis!

Un fouille-merde, t'en connais au moins un ou une. Ça fourmille de partout, il faut dire.

On est tous un peu curieux par nature, même si c'est un vilain défaut à ce qu'il parait. Mais parfois, c'est pour la bonne cause : prendre des nouvelles, chercher à savoir comment font les autres pour trouver une solution à notre problème, se comparer pour se rassurer, voir ce qu'on peut faire ou au contraire ce qu'on ne doit pas faire... De toute façon, la curiosité est humaine, alors autant qu'elle serve à quelque chose de positif.

Les fouille-merde, eux, ne cherchent que le négatif qui est en nous, au détriment de nos qualités. Ils prennent un malin plaisir à toujours tirer les autres vers le bas/remuer le couteau dans la plaie/chercher la p'tite bête.

Comment?
En faisant des réflexions, bien sûr.

Tu pourrais citer le discours d'un Prix Nobel de la Paix slashé à un Prix Nobel de Littérature qu'il - le fouille-merde hein, pas le Prix Nobel - te dirait encore que ce que tu dis est immature.
Tu insérerais une ou deux citations de Gandhi ou de Martin Luther King qu'il te répliquerait que la couleur de ta chemise ne te sied pas.

Cherche pas à argumenter : t'auras toujours tort. Quoique tu fasses, tu es dans son colimateur, et pour être honnête : tout le monde est dans son colimateur.

Ils ressemblent donc étrangement aux langues de vipères, qui je le répète ne sont pas assez heureux dans la vie pour profiter de leur vie tranquillou sans gêner les autres. Effectivement, si tu es heureux, tu passes tellement de temps à aimer les petits moments de bonheur que la vie t'offre que déjà la journée, la semaine, l'année, ont passé. En tout cas, si tu es assez confiant en l'avenir, sûr de toi et bien dans tes baskets, tu fais face aux petits problèmes sans forcément trouver que l'herbe est plus verte chez le voisin.

Les fouille-merde, c'est pareil, sauf que pour eux le commérage est aussi un passe-temps, limite jouissif. Par exemple, je connais quelqu'un [la fouille-merde de mon entourage, donc] qui est en couple, avec deux enfants, qui a du travail et qui part en vacances, bref : ça va quoi. Pourtant, est-ce dans son caractère? est-ce génétique? ou est-ce un sport national bientôt homologué par la fédération internationale des Jeux Olympiques? mais elle fouine toujours chez tout le monde [y compris chez moi], juste "comme ça". Ensuite, dès qu'elle a fouiné dans toute ta vie, qu'elle a remonté dans ton arbre généalogique, qu'elle a tout bien analysé, catalogué et étiqueté, elle parle de toi aux autres [Et elle parle des autres à toi]

Tu connais le proverbe : "C'est dans le besoin qu'on reconnait ses amis". Ça me parait évident que quand tu es dans une situation délicate, beaucoup partent et peu t'aident. Cependant, de ceux qui restent, méfie-toi : il y a encore du tri à faire. La parano que je suis te dirait qu'il ne faut faire confiance en personne, mais je vais tout de même t'accorder que certaines personnes peuvent t'aider à remonter la pente sans arrière-pensées. C'est comme pour les extra-terrestres et les fantômes, j'en ai jamais vus, mais je laisse le bénéfice du doute quant à leur existence. Ceux qui sont à tes côtés quand ça ne va pas, observe-les bien : y'a pas un ou deux fouille-merde parmi eux?

Comme les vautours, ils repèrent la chair fraiche à des kilomètres. Et pourquoi tu déprimes? Qu'est-ce qui s'est passé? Et t'as fait quoi? etc. 50 questions plus tard, où toi tu t'es confié parce que ça te fait du bien, tu réalises qu'au final ils savent tout de ton problème, et bientôt ton entourage complet sera au courant. Et si cette situation te semble intolérable, attends-toi à pire quand tu te prendras une gifle réflexion (souvent mielleuse, au demeurant). Je crois que certains fouille-merde sortent le pop-corn lorsqu'ils voient une dispute se profiler à l'horizon.

Ne t'inquiète pas : généralement, quand tu fouilles la merde, tu finis par tomber dedans jusqu'au cou.

Les fouille-merde ont des amitiés-éclair, basées sur la lie des sentiments humains. Et puis, appelle ça "le karma", ou "le destin", ou "le hasard", mais quand ta personnalité est assez vile et basse, tu attires ce genre de personnes. L'ironie du sort, c'est un fouille-merde qui râle parce qu'il a été pris à son propre piège.

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"La jalousie est un monstre qui s'engendre lui-même
et qui naît de lui-même"
(Shakespeare)

bams