20 mai 2014

Marie, l'ange rebelle

Je viens de finir ce livre :

9782266189293

Passionnant! Tout ce que j'aime y est : l'histoire d'une passion entre Marie d'Agoult et Franz Liszt au siècle du Romantisme, dans une classe sociale aisée (avec les belles toilettes de dentelle et de soie), où se mélange l'Histoire (saviez-vous que leur deuxième fille avait épousé Wagner?) sur fond de IIIè Empire et de lutte pour la République et le début du féminisme...

Mais si j'aime ce genre de lectures, jamais je n'aurais pu avoir cette vie. Certes, les personnages ont joué un rôle important dans l'Histoire, leur passion - tumultueuse - a défrayé la chronique et a inspiré de nombreux romans, leur cercle d'amis était parmi le plus érudit de Paris et d'Europe, sans compter les voyages, les livres, les compositions de Liszt...

... mais à quel prix?

Leur amour s'est transformé en haine ; deux de leurs enfants mourront jeunes et leur fille Cosima (celle qui épouse Wagner) ne leur parlera presque plus ; Marie d'Agoult essuie de nombreuses critiques, notamment de sa meilleure ennemie George Sand... et finira presque folle!

A cette époque, on disait "le spleen", un mal-être indéfinissable - Freud n'est pas encore passé par-là - qui la poussera quasiment au suicide à 27 ans, et elle sera ensuite enfermée quelques années à la fin de sa vie.

"Elle se mettait à pleurer sans raison en portant son beau regard sur la foule parisienne qui lui semblait si heureusement vivante quand elle n'était, elle, qu'une statue abandonnée dans l'ombre sépulcrale de sa demeure."

J'en ai connu, des gens avec cette "maladie" - appelle-la comme tu le veux. Mélancolie? Tristesse? Ou carrément à la limite du pathologique, à passer d'une émotion à une autre sans raison aucune? Ça allait, ça n'allait plus, c'était le bonheur total, puis elle était au fond du gouffre... avant de nier totalement et de se mettre des oeillères : ça allait à nouveau parfaitement! Fallait suivre.

Tu t'en doutes, je suis à l'opposé : ma vie est calme, monotone, parfois même un peu trop et je m'ennuie - mais tout le monde connait ça. Des fois ça va et des fois non - normal aussi, on a tous et toutes des petits coups de mou. Il suffit qu'il pleuve ou qu'on vienne d'apprendre une mauvaise nouvelle... et puis le lendemain c'est reparti. Là encore : rien de plus normal. Mais quand on est triste sans raison? Et surtout qu'on se voile la face? Quand on prétend aller tout le temps bien, oubliant les bas, ou être déprimé, oubliant les bonheurs de la veille? Là je crois qu'il y a un gros souci.

Marie d'Agoult n'a jamais su expliquer pourquoi, lors de son voyage de noce, elle a eu l'envie soudaine de se jeter du haut d'une falaise. Malgré la vie palpitante qu'elle a dû mener par la suite, je préfère les vies plus calmes mais plus stables. Se promener, profiter du soleil et de mes enfants...

Chacun fait comme bon lui semble! C'est d'ailleurs sur cette note que finit le livre, sur la fable de La Fontaine "la Carpe et le Lapin" :

"Hommes, cette histoire est la nôtre ;
A chaque être son élément!
A chaque âme son aliment!
Ce qui fait vivre l'un fait souvent mourir l'autre"

Désolée Marie, ta vie en apparence était un tourbillon de sensations fortes, mais tu y as laissé des plumes. Ça a donné un très beau roman... mais tu ne m'inspireras pas.

Posté par thebamsfamily à 10:01 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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